Le numérique, vecteur d’un impact social positif des entreprises

Le développement du numérique permet aux entreprises, tout en améliorant leur compétitivité, de faire évoluer leurs activités et d’avoir également un impact social positif en incluant des travailleurs jusqu’alors exclus du marché du travail.

Le Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS) précise : « L’impact social consiste en l’ensemble des conséquences (évolutions, inflexions, changements, ruptures) des activités d’une organisation tant sur ses parties prenantes externes (bénéficiaires, usagers, clients) directes ou indirectes de son territoire et internes (salariés, bénévoles, volontaires), que sur la société en général. » L’impact social agit sur les éléments suivants : l’environnement, l’individu, la société, la politique et l’économie. Le développement du numérique peut permettre un impact social important en termes d’emploi et est un enjeu majeur pour les populations les plus défavorisées. L’objectif est de donner naissance à un modèle permettant de développer des compétences, la connexion des personnes entre elles et d’inclure un maximum de personnes dans le monde du travail. Ainsi, plutôt que de se « contenter » d’aider les gens en situation défavorisée, les entreprises soucieuses des questions d’impact social adoptent une démarche plus constructive en construisant des passerelles permettant d’en sortir.

L’Impact Sourcing, vecteur d’impact social pour l’Union Européenne

Il existe un proverbe chinois souvent cité qui dit : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours ». En français, on traduit “Impact Sourcing” par “Externalisation socialement responsable”. La fondation Rockefeller définit l’Impact Sourcing comme « une pratique d’inclusion sociale par l’emploi, par laquelle les sociétés donnent du travail à des populations jeunes issues de milieux défavorisés ». Le numérique peut aider à développer cet impact social en incluant des personnes issues de milieux défavorisées dans l’emploi et permettre également à l’Union Européenne de proposer un modèle économique alternatif aux géants américains du numérique.  Pour Gilles Babinet, digital champion de la France auprès de la Commission européenne, l’Europe devra mettre en avant un de ces atouts qui est l’existence d’entreprises qui créent un impact sociétal local. L’objectif est de faire face aux quelques plateformes qui concentrent les richesses et les investissements aux Etats-Unis. « Le potentiel de l’Europe, c’est d’encourager une utilisation des technologies très inclusive, très humaniste. Les technologies très virtuelles et digitales peuvent faire beaucoup pour cela. Faire en sorte qu’on puisse re-verticaliser la valeur dans les territoires », déclare Gilles Babinet. « On peut avoir une sorte d’équilibre entre des acteurs qui sont mondialisés, mais qui ne tiennent pas compte des enjeux sociaux et environnementaux, et des acteurs qui sont beaucoup plus locaux et qui peuvent créer des externalités à cet égard. », explique-t-il.  L’impact Sourcing est également pratiqué à l’étranger. Isahit, par exemple, est une jeune start-up française qui externalise en Afrique en faisant travailler des personnes en situation de précarité, principalement des femmes. La plateforme internet met en relation des travailleurs socio-économiquement défavorisés, dans des pays d’Afrique francophone, avec des entreprises françaises qui cherchent à externaliser une partie de leurs activités digitales.

À l’heure où crises économique, sociale et écologique se conjuguent de façon ravageuse, le rôle des entreprises est plus que jamais nécessaire. Elles sont désormais des partenaires reconnus pour répondre à des besoins sociaux qui s’accroissent et se complexifient.

 

Jean-Luc Gambey

Expert des questions d’assurance et de protection sociale

jl@gambey.me

 

 

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